L’Origine

La Maison de l’Olympe est une maison de création française née du geste et de la matière.
Ici, chaque pièce est imaginée et façonnée à la main, dans un esprit couture nourri par les mythes, la lumière, et les histoires intimes de celles et ceux qui les portent.

La création n’y est jamais un simple vêtement.
Elle est un passage.
Un seuil entre le monde que l’on traverse chaque jour
et celui des divinités que chacun porte en soi.

Les débuts : une enfant, une aiguille, un monde à inventer

Je découvre la couture à cinq ans.
Ma mère guide mes mains, m’enseigne les premiers points de broderie, comme on transmet un secret ancien.

Je grandis dans une maison où l’ingéniosité est une seconde nature, où la créativité et la débrouillardise ne sont pas des choix mais des évidences. Très tôt, j’y apprends que tout peut se transformer, la matière, les formes, le regard porté sur soi.

C’est là que je comprends, instinctivement, que le vêtement n’est pas un simple objet.
Il est un langage.
Il révèle ce que les mots n’osent pas dire, il protège, il affirme, il apaise.

Sans le savoir encore, je viens de trouver mon territoire.

De Besançon à Montréal : la vision se forge

Ma vision se construit pas à pas.
Mes premières bases techniques prennent forme au lycée Jules Haag, puis s’affinent en BTS, où j’explore le moulage, les volumes et la structure. J’y apprends la rigueur, la technicité industrielle… mais aussi une soif irrépressible d’aller plus loin.

Très tôt, je comprends que mon apprentissage ne se limite pas aux cadres établis.
Il m’arrive de laisser de côté certains cours pour filer à l’atelier, là où mes mains pensent plus vite que les mots. Coudre, créer, expérimenter, donner corps à mes idées devient une nécessité. L’atelier se transforme en refuge, en territoire d’expression, en espace de liberté.

Cette fougue n’était pas vaine.
Cette manière d’apprendre autrement, d’apprendre encore, me vaut d’être élue élève de l’année, une reconnaissance que j’ai profondément chérie à ce moment de ma vie, comme un signe discret que le chemin, bien qu’atypique, était juste.

Un tournant décisif survient à Montréal, lors d’un stage auprès de la designer Valérie Dumaine.
Cette immersion marque une rupture féconde. J’y découvre une autre manière d’aborder la mode : des lignes épurées, un minimalisme intelligent, un sens aigu du détail, et un respect profond de la matière comme de la nature. Tout y est lié. Tout y dialogue.

Mais Montréal m’offre bien plus qu’un apprentissage technique.
À dix-neuf ans, je pars seule. C’est mon premier avion, la première fois que je quitte mon chez-moi. Cette traversée est aussi intérieure que géographique. J’y découvre une autre culture, une autre manière d’être au monde. Elle m’ouvre, telle un demi-dieu en quête, encore en devenir, qui commence à se reconnaître à travers l’altérité.

Je poursuis ensuite mon chemin à Paris, à Formamod.
C’est là que je rencontre des personnes essentielles à mon parcours. Des âmes venues de tous horizons, avec lesquelles de longues soirées de travail et de création me rappellent l’importance d’être soudés, inventifs, débrouillards, mais surtout entiers. À leurs côtés, je grandis autant humainement qu’artistiquement.

Entourée de professeurs exigeants, j’affine mon œil et mon geste. Ils m’encouragent à dépasser la seule maîtrise technique pour toucher l’essentiel : la création pure, celle qui a du sens, du souffle, et une raison d’être, celle qui naît de l’âme.

C’est là, sans que je le sache encore, que le premier fil de la Maison commence à se tisser. Un jour, Hyacinthe, l’un de mes camarades de classe, me surnomme ma montagne dorée.
Je vous laisse imaginer mon sourire aujourd’hui, en écrivant ces lignes.

L’Appel de l’Olympe

Après Formamod, je reprends la route.
Comme dans tout mythe, il faut s’éloigner pour comprendre d’où l’on vient. Je retourne un temps au Canada, puis Paris m’appelle. Là, je plonge dans le monde du prêt-à-porter, au cœur du rythme, de la scène, du mouvement.

Très vite, mon regard se distingue.
La mise en scène devient langage, l’espace devient récit. Je deviens Visual Merchandiser. Je participe à des réouvertures, j’entre dans le merchandising à haut niveau. J’y apprends la rigueur, la cadence, la précision extrême du détail. Chaque vitrine devient un autel. Chaque geste, un acte mesuré.

Mais l’appel des origines demeure.
Je reviens en Franche-Comté, mon ancrage. J’explore d’autres territoires : une vente plus haut de gamme, plus intime ; la Suisse, ses méthodes, ses exigences, sa culture du juste et du durable. Chaque détour affine mon regard. Rien n’est perdu.

Je poursuis cette traversée en obtenant un diplôme en ressources humaines suisse.
Un savoir de plus, une clé supplémentaire. Comme les héros antiques, je rassemble des outils, des compétences, des armes invisibles, pour mieux comprendre l’humain, ses rythmes, ses forces, ses fragilités.

Et pendant tout ce temps, le fil ne se rompt pas.
La couture veille.
Je couds le soir. Je cherche. Je dessine. Je perfectionne mes gestes. Je crée pour les miens. La passion ne faiblit pas. Elle attend.

Car dans les mythes, rien n’advient trop tôt.
Il faut le moment juste.
Celui où tout s’aligne.

Dix-huit ans après ma toute première création, la robe à plumes, l’évidence s’impose.
Je n’attends plus.
Je fonde La Maison de l’Olympe.

Non comme un élan, mais comme une incarnation.
Avec la maturité, l’audace, la vision et la légitimité d’une créatrice qui a traversé, appris, et choisi.

Sous le regard d’Héphaïstos

Aujourd’hui, La Maison de l’Olympe a trouvé son sanctuaire.
Un lieu retiré, au cœur du Haut-Doubs, à la frontière franco-suisse, là où la terre est rude, où le silence enseigne, où le temps ne se presse pas.

Ici, le tumulte s’efface.
Le monde ralentit.
Et chaque geste retrouve sa vérité.

Dans cet atelier, la main est souveraine.
Elle ressent avant que l’esprit n’imagine.
Elle écoute avant de décider.
Elle sait ce que la matière accepte, et ce qu’elle refuse.

Les étoffes murmurent, les ciseaux tracent, les matières respirent.
Soies, tulles, organza, plumes d’exception et dentelles fines ne sont jamais dominés.
Ils guident la ligne, imposent leur rythme, dictent la silhouette.
La création naît d’un dialogue, jamais d’une contrainte.

Chaque pièce est pensée comme une apparition.
Patronnée, moulée, cousue, finie à la main,
elle se construit lentement, au contact du corps, de l’intuition et du souffle.

C’est ici que la couture retrouve son essence originelle.
Une couture intime.
Patiente.
Sacrée.

Un lieu où la main se souvient de ce que l’esprit a parfois oublié.
Un lieu où la création ne s’invente pas :
elle s’incarne.